Communiqué SST


Le 19 janvier 2022

CNESST

RÉCLAMATIONS LIÉES À LA COVID-19


Le 17 janvier 2022

SST


Rapport du sondage Survey Monkey
sur les sous-déclarations
des agressions et micro-agressions

 

À la question, avez-vous déjà subi des agression ou micro-agression ?

    • 72% ont répondu oui

À la question, avez-vous déclaré l’évènement par la procédure interne de déclaration d’un évènement accidentel ?

    • 70% ont répondu non

À la question, pourquoi n’avez-vous pas déclaré l’évènement ?

    • 35% ont répondu qu’ils ne le savaient pas
    • 9% n’ont pas été informés de la procédure par leurs gestionnaires
    • 12% répondent qu’ils n’en voient pas l’intérêt (banalisation) et 34% ont préféré ne pas répondre à cette question.

Source :  https://fr.surveymonkey.com/results/SM-RMFF3H8Y9/

À la question, développer si vous n’avez pas coché un des concepts suggérés :

    • 30% (136 répondants) ont souhaité exprimer leurs opinions de façon plus explicite.

 

Pour le résultat de notre analyse,
nous avons divisé les réponses en 4 concepts ;

 

Concept # 1 : peur des représailles (22%)

    • 9 répondants indiquent que les gestionnaires sont impliqués directement ou indirectement :
    • « Que fait-on quand l’agression vient du gestionnaire ? »
    • « Cette micro-agression était faite par ma coordonnatrice, j’avais trop peur des représailles »

Concept # 2 : refus/contre-indication du gestionnaire (7%)

    • La totalité des répondants s’entendent pour dire que le gestionnaire a déconseillé au salarié de déclarer :
    • « Mon gestionnaire m’a conseillé de ne pas le faire »
    • « Ma gestionnaire ne voulait pas que je déclare même si (je) lui ai dit que je voulais remplir le formulaire »

Concept # 3 : complexité de la procédure (1.5 %)

    • « Pour les micros… procédure trop complexe et surcharge de travail »

Concept # 4 : Banalisation (19%)

    • « Quand même que je l’aurais déclaré, ça aurait donné quoi? Oui la violence est banalisée, mais surtout par l’employeur. Ce n’ait jamais de la faute des patients parce qu’ils sont MALADES. On a l’impression que ça donne absolument rien de déclarer des agressions qui sont journalières des malades ou même des visiteurs »
    • « En effet tout le monde banalise les accidents mineurs et les micros agressions dans ce milieu, des salariés jusqu’aux gestionnaires, ce n’est jamais assez grave, jusqu’à ce que l’impensable arrive »
    • « J’ai déjà fait une déclaration d’accident de travail qui avait nécessité un arrêt de travail de quelques jours et le médecin (qvt) que j’avais dû rencontrer pour mon dossier avait ridiculisé et banalisé l’incident menant à mon arrêt. Donc j’ai plus jamais rempli d’accidents de travail par la suite. J’aime mieux prendre des jours à mes frais que d’être ridiculisé et passer pour un profiteur »
    • « L’employeur n’en fait pas une priorité. Pas de formation à ce niveau (sur remplir le formulaire et importance de le remplir) Il y a une culture d’établissement qu’il est considéré « normal » que les patients déments frappent… griffent… donnent des coups de pieds… insultent.. Menacent… et qu’il n’est pas nécessaire de remplir un papier pour le déclarer… Voire même de l’écrire au dossier. Le jugement négatif de collègue est très fort lorsqu’il est question de déclarer officiellement des comportements violents de patients déments. L’employeur parle maintenant de ces comportements auprès de la clientèle psy, mais ils sont aussi présents avec la clientèle démente, mais banalisée. L’employeur reporte la formation OMÉGA à de nombreuses reprises sur plusieurs années sous de nombreux prétextes (doit prendre du temps pour déterminer laquelle est offerte, offre seulement celle la plus courte et qui a le moins d’impact sur la productivité et prend plusieurs mois avant de l’accepter) Puis pas de suivi du dossier lors de changement de gestionnaire si bien que le dossier de formation OMEGA est maintenant complètement abandonné. Aucune formation/séance d’information n’est offerte aux nouveaux employés pour les informer (déclaration formulaire, importance de le faire… et même sur des techniques de base pour assurer sa sécurité). Culture d’hôpital où le code blanc n’est pas utilisé en gériatrie. Culture d’hôpital où le personnel ne déclare pas par écrit qu’il se fait pincer, cracher, pousser, insulter… par des patients. Pour des collègues, remplir un formulaire n’est nécessaire que lorsqu’il y a choc post-traumatique/atteinte physique importante lors d’une agression majeure telle que celle entendue au PAP dans les médias »

 

Analyse et conclusion

 

Nous souhaitons préciser dans un premier temps que le résultat du sondage ne nous surprend pas du tout.

Depuis plusieurs années nous dénonçons la banalisation de la violence de la part de l’employeur à tel point que les salariées ont fini pour bon nombre d’entre eux de l’intégrer dans leurs schèmes de pensée. Rappelons-le, la violence au travail ce n’est pas banal. Il faut déclarer en tout temps. Plusieurs répondants indiquent par ailleurs qu’ils craignent des représailles et que les gestionnaires sont directement ou indirectement impliqués. Cette inquiétude est fort préoccupante et reflète un certain malaise que le syndicat dénonce depuis bon nombre d’années également.

En définitive, il reste beaucoup de travail à faire afin que tous comprennent l’importance de déclarer sans craindre les représailles pour quelques considérations que ce soient. Maintenant que l’employeur et le syndicat détiennent les mêmes données il n’y a plus de raisons de continuer dans la banalisation.

 

618 répondants au total sur la sous-déclaration des agressions et micro-agressions. Tel que développer par le sous-comité violence, du comité paritaire en santé et sécurité du travail (CPSST)